02 October 2007

Deuxième séjour dans la selva lacandonne: 19-22 sept

J'ai retrouvé
Julie et son chéri Momo là bas, et nous avons fait une folle partie de "jungle speed" dans la jungle, des plus innatendu, ce qui rend le jeu encore plus marrant qu'il ne l'est normalement, sans compter les trombes d'eaux qui s'abbataient en même temps que les cartes! Super connexion avec eux, chouette rencontre!

Nous avons continué à travailler avec les groupes sur la certification, d'ailleurs, les 2 assesseurs payés par le Ministère de l'environnement ne s'en sortent plus vraiment -nous sommes à 6 semaines du passage de l'institut de normalisation- et donc ils nous ont demandé officiellement à Adriana et moi de les aider plus fortement, nous allons donc peut être être un peu rémunérées pour cela, chouette! Du coup, maintenant que je suis de plus près tout ce processus, je trouve vraiment le sujet intéressant et je pense que ça mériterait de s'y intéresser de plus près. Surtout que c'est la première fois qu'un tel processus est mis en place au niveau du Mexique, voire au niveau international, mais là je ne suis pas sûre de moi! Enfin, je trouve que c'est intéressant de voir qu'on met en place des normes pour assurer aux touristes français en mal de nature une qualité de services qui est complètement décalée de la réalité des personnes qui vont les accueillir. Cette norme est mise au point par des mexicains, certes, mais qui ne sortent pas de leur bureau et demandent aux communautés voulant se certifier des milliards de documents, en plus des différents investissements en infrastructures écologiques, alors même que la plupart des personnes ne savent pas lire! décalage quand tu nous tiens! Dans tout ça, il faut ajouter tout le mic mac politico-institutionnel qui ne facilite évidemment pas les choses et le calendrier bureaucratique qui veut que tout le processus se fasse en... 4 mois! et l'échéance est dans 6 semaines, les institutions s'étant désolidarisées quant aux investissements, laissant les centres écotouristiques dans la m*** . Bref, sujet très intéressant, à creuser! J'ai une place d'observatrice en or, vamos a ver ce qui peut se creuser dans ce sens...

Sur les photos le petit lacandon qui fait le singe dans l'arbre c'est Josue, ensuite le frère d'Enrique avec sa tondeuse, je trouve ça rigolo!
Vous pouvez admirer ma gaillardi
se, je tiens un bébé crocRodile de quelques centimètres, mais il prend 30cm par an et adulte il mesurera 3m, bref! Profitons-n avant d'être grands! Et l'histoire de ce croco est intéressante, il est un peu transgénique en fait! Il est dans un centre écotouristique construit autour de lagunes où vivent de nombreux croco. Mais lui est né du mélange de deux races de croco qui ne vivent normalement pas dans les mêmes milieux, bref! c'est assez ironique de trouver ce genre de spécimen dans un centre écotouristique qui veut protéger la flaure en la laissant tranquillou dans son milieu naturel! No comment!
Les petites bêtes à pois bizzares c'est des tepescuintles, si quelqu'un a la tradu
ction française, je suis preneuse!
La photo suivante, c'est juste pour montrer la pompiste locale,on achète le gasoil par 20L et c'est cette femme
qui nous sert. Nous sommes au croisement entre les villes lacandonnes et celles habitées par les tzoltziles/tzeltales et choles. Il y a un barrage militaire assez important et il semblerait que les pompistes de ce carrefour changent de travail à la nuit tombée pouvant ainsi gagner en une nuit ce qu'elles feraient en un mois en temps normal...
J'ai pris une photo de la maison de Manuel, un de nos partenaires qui a le centre écotouristique Poza Poop Chan. Elle m'intrigue vraiment car il n'y a pas de fenêtres, selon la légende, pour éviter aux amants des femmes de pouvoir pénétrer trop facilement.
Ensuite, l'homme pensif c'est le fameux Miguel avec qui je vais toujours dans la selva, qui est une véritable encyclopédie vivante et sur qui on devrit certainement écrire un livre... Il habite dans la jungle depuis 10ans, connait tout l'envers du décor lacandon...! Très intéressant...

Et juste au dessus, c'est Juliiiiie et moi dans un ceiba énorme, genre 40m de haut!
Et à droite, le deuxième petit lacandon c'est Rigoberto et la fille c'est Rut. Pour la petite anecdote, on jouait à "chats" et au bout de 15min, Rut vient me voir avec son air le plus charmeur et me dit "dame un peso"... Grande désillusion, ces enfants ne jouent plus pour s'amuser mais pour soutirer de l'argent des touristes. Ensuite ils sont allés se baigner dans le lac et m'ont demandé de prendre des photos avec eux, ce qu'on a fait, jusqu'à ce que la mère arrive et se fâche (en maya, alors je ne suis pas sûre, mais les petits sont partis, alors j'imagine de quoi il s'agissait!!!) Bref! Julie m'a aussi raconté qu'une petite lui a demandé 1 peso pour prendre une photo d'elle...


L'argent pourrirait-il les relations humaines? ...

18 September 2007


Mi vida "social" aca en San Cristobal

El viernes pasado hice una "fiesta de la crêpes" en mi casa, no muy original, pero rico y bien divertido (a
qui dirian: "bien chido" o "que padre"!!! estos mexicanos!!)
Invité a mis compañeros de trabajo, en la
primera foto pueden ver (izquierda a derecha) a Isabelle, la mujer de Stefano, los dueños de la casa, elle es francesa, ademas de Bretaña, asi que tenia un poco vergüenza con mis crepas, pero al final les gusto! Luego en el medio viene Adriana, la gerente de SendaSur con quien me llevo super bien y Gaby, la pareja de Ramon que trabaja tambien para SendaSur.
En la foto solito viene
Stefano, el alburero. No sé si existe esta palbra en España, yo no la concia, pero se usa de alguien que siempre habla con "albur" un doble sentido siempre relacionado con sexo!!! que pesados estos italianos!!!! Ademàs de ser alburero, es casi màs torpe que yo! Justo antes de llegar a mi casa para cenar, destruyo la escalera de su sotano, cayendose sin poder levantarse. Luego, cuando finalmente llego, al abrir una maravillosa botella de vino, pierde el control y todo el vino de colleccion en el suelo (qué aqui se llama "piso"!!) Desde entoncés, huele un poco a borracha en mi casa!Nos tomamos mucho el pelo, pero es super buena onda!
Los agronomos platicando seriamente son Ramon (con pelo risado, aca se dice "chino", quien sabe por qué, los chinos tienen rizos???!!!) y Marx (si ya sé, es su verdadero nombre!). Ramon apoya a SendaSur buscando recursos y tambien tiene un programa de café equitativo. Marx trabaja en una ONG mexicana en comunidades zapatistas sobre reforestacion, proteccion ambiental etc.
En la ùltima foto son Anita (al fondo) y Blandine (con la copita). Anita trabaja como operadora en SendaSur, ella es tzeltal,me hizo probar los tamales y me va a invitar a su pueblo algun fin de semana para que conozca a su familia y a sus costumbres. La otra "chava" es Blandine, una francesa que trabaja para Médicos del Mundo aca en San Cris, es enfermera y super amable, divertida, interesante, etc. Antes de venir aqui, trabajo en Haïti durante 1 año, que fuerte!



El 16 de septiembre es la fiesta de la independencia nacional. El 15 por la noche, todo el mundo sale por la calle y se va al zocalo de la ciudad (la plaza mayor) donde el guvernador, el alcalde o en el DF el mismo Calderon sale para dar el grito: "Viva Mexico", y toda la gente contesta "Viva!!!" y luego van los nombres de los que han luchado para la independencia, etc. Vienen los fuegos artificiales, los juegos pirotécnicos, todos con las colores de la bandeja mexicana! Y mogollon de gente por las calles. Queria comprarme un bigote y pintarme la cara de verde,blanco,rojo, pero llegamos tarde y no quedaba nada!!

Asi que nos fuimos en casa de Guillaume, otro compañero francés que vive aqui desde hace 4
años. Allà bailamos mogollon, inventado coregrafias etc.
Nos fuimos sobre las 3h porque Maggy, la novia de Guillaume se sentia mal la pobre. Pero queriamos seguir, asi que nos fuimos en casa de Alejandro, otro mejicano ingeniero que trabaja tambien en conservacion.

Allà, creamos un coro, fue muy divertido. Nos quedamos hasta las 5h30.
Ultimamente fuimos a probar los restos de "quiche" y de tarta de aceitunas de Blandine, delicioso! Al final, volvi a mi casa a las 6h30, y me acosté al amanecer, una maravilla!
También probé mi primer "pollo en mole", salsa tipica de Oaxaca con chocolate, platano molido, tortilla quemada, un monton de cosas, està suuuuper rico! Y vi la peli "el viaje de Chihiro", qué niña soy, me gusto mucho!

Mañana regreso a la selva por unos dias, normalemente vamos a hacer un poquito màs de turismo, voy a intentar sacar buenas fotos!

17 September 2007

Assemblée générale de SendaSur dans le centre écotouristique de Las Guacamayas

Du 4 au 7 septembre, tous les partenaires de SendaSur (16 centres écotouristiques et 4 tours opérateurs) étaient invités à Las Guacamayas, un des centres partenaires (j'y étais déja allée le lendemain de mon arrivée) pour l'Assemblée Générale.
13 partenaires étaient présents, je connaissais déja la plupart, et étais bien contente de découvrir les nouveaux. J'ai pu voir -et mettre- un peu en application les cours de Mauro sur les ateliers participatifs! Il fallait profiter de cette assemblée pour identifier ensemble les principaux problèmes que connait le réseau, le premier, le plus criant et qui en entraîne plein d'autres c'est le manque de sentiment d'appartenance à ce réseau qu'ont presque tous les partenaires.
Ce projet est vraiment intéressant, les 16 entreprises communautaires (centres écotouristiques) ont investis une grosse somme d'argent pour créer ce réseau et avoir un centre d'informations et de réservations à San Cristobal, pour être plus visibles et accessibles pour les touristes. Mais les distances énormes, les difficultés de communications, les différents niveaux d'attractivité des différents sites, les activités agricoles connexes, ... entraînent une série de problèmes, de jalousies, d'incompréhensions, ... et malheureusement parfois une démotivation. A côté des problèmes internes au réseau, il y a les politiques qui s'en mèlent. Le minitère du tourisme au niveau fédéral approuve complètement le projet et l'appuie (ils travaillent d'ailleurs avec l'Ambassade) mais au niveau estatal, chiapas, le secrétariat du tourisme maudit le projet et fait son possible pour le faire capoter. J'ai rédigé un mini rapport sur un entretien avec le secrétaire estatal du tourisme pour que les personnes au niveau fédéral,voire international (les bailleurs= Union Européenne, USAID,...) comprennent le climat de travail! Intéressant!!!

En rentrant de las Guacamayas, une coïncidence bien étrange: débarque dans les locaux de SendaSur une anthropologue de l'Ecole des Hautes Etudes sur l'Amérique Latine prénommée Julie et faisant une étude sur l'impact de l'écotourisme chez les lacandons...! trop marrant, cette fille m'avait été recommandée par un prof que j'avais contacté avant de partir mais le mail que je lui avait envoyé ne lui était jamais arrivé. Nous avons passés la soirée ensemble, elle est extra et fait une étude super intéressante pour tenter de démontrer la stratégie gouvernementale à l'oeuvre derrière le soutien au développement touristique en zone lacandonne: il s'agirait d'affaiblir le mouvement de résistance zappatiste en légitimant la présence d'une force armée pour protéger les zones touristiques. Bref! Passionnant, surtout raconté par elle, passionnée, enthousiaste, ultra joviale et dynamique, une chouette rencontre. Je suis en train de négocier pour partir dans la jungle avec elle et son doudou qui vient de la rejoindre cette semaine...! Voir une vraie anthropologue en action et faire un peu de tourisme dans la région!

Je suis aussi sur un bon plan, si on veut que je vende les destinations, il faut que je les connaisse, alors je suis sur la liste d'attente pour une excursion d'une journée: on ira à San Juan Chamula, ville indienne très renommée pour sa connexion esotérique, ses chamans, ses "nettoyages d'âmes", son "posh" alcool super fort qui aide à se "nettoyer intérieurement"... et donc, nous irions à cheval (oui papa!) j'ai déja beaucoup entendu parler des selles en bois qui laissent de délicieux souvenirs, je vous tiendrai au courant, mais ma vie ici est toujours aussi dure comme vous pouvez le constater!!!!

Le dernier jour à las Guacamayas, on a eu le droit à une petite visite, et nous avons vu plein de chou
ettes bébêtes que je vous montre en images: tout en haut des "singes araignées" (2e photo prise dans l'oeil d'une paire de jumelles! bon résultat!!), une fleur trop belle, mais je ne connais pas son nom, tout comme l'arbre emberlificoté. Les autres singes (avec le bébé) sont des "zaraguatos" et ils sont super impressionants parce qu'ils crient beaucoup et qu'ils font un bruit proche du rugissement du lion, je vous jure, malgré leur petite taille! Donc quand ils se "parlent", la jungle est en folie, c'est trop chouette -sauf à 5h du mat'! Et puis encore une petite "guacamaya", perroquet rouge, l'emblème du lieu, magnifique oiseau protégé dans cette région.

02 September 2007

Mon premier week-end de septembre

Samedi, avec Anne, Nadège et son copain Gildas, nous voilà partis pour Chinkultik, petit site maya au dessus des lacs de Montebello.
Nous avons été surpris par la m
ontée des eaux (innondations à Tuxtla), mais nos âmes d'aventuriers nous ont permis d'arriver sains et saufs au sommet... Magnifique panorama sur les lacs que nous irons admirer de plus près par la suite. Rencontre d'un groupe de chercheurs de différents pays d'Amérique Latine qui nous ont acceptés dans leur minibus pour la suite du trajet, plutôt chouette car nous nous sommes fait prendre par un orage! Parmi eux, un bélizais (heu...habitant du Belize ??) noir, je tiens à préciser ce détail important, car je n'en avais pas vu depuis la France, et je dois dire que ça fait plaisir!!!! Nous avons déjeuné dans un petite cahute où la dame faisait de délicieuses tortillas, mais l'arrivée de 15 personnes affamées l'a un peu débordée. Nous voilà donc contraints de sortir le "jungle speed" (oui les filles, je l'ai emporté!!!)
J'ai vu de belles araignées, sur leurs toiles, prêtes à attaquer!
Nous avons je
té notre dévolu sur le lac Tzizkao pour la nuit. Dans ce village, les enfants sont les rabatteurs de touristes, nous n'avons pas réussi à savoir si les hôteliers leur versaient une prime en fonction du nombre de touristes qu'ils apportaient. Nous avons logé dans la cabane d'heïdi, très mignonne. Je me suis haïe d'avoir oubliée ma moustiquaire lorsqu'au sortir de ma douche, je me suis fait attaquer par un cafard volant, alertant de suite tout le campement par mes cris, la honte!
Devant notre maisonnette, nous avions de jolies plantes qui poussaient, dont celle-ci, dites-moi
les amateurs, ça n'y ressemblerait pas grandement???!!!
Après le dîner (quesadillas!), nous avons ...
joué aux petits papiers, oui, oui, ce week end était placé sous le signe du jeu!! trop marrant!
et voici la vue qui nous
attendait après la nuit...

pluôt chouette! après avoir perdu les clés de la cabane, et de les avoir
retrouvées par miracle, nous voilou partis pour un autre lac, celui de Colon à la frontière du Guatemala. L'eau était transparente, les petits poissons nous titillaient les doigts de pieds quand on se baignait. On a fait sensation car, contre toute attente, les mexicains sont pudiques, ompléxés ou je ne sais quoi, toujours est-il qu'ils se baignent en short, pantalon, tee-shirt etc, même certains enfants! Donc on s'est mis dans un coin discret pour dévoiler nos bikinis!

Après un déjeuner très copieux, nous voilou repartis pour Comitan, suite et fin de notre road-trip du week end.
Après un petit contrôle policier (vidage de sacs à dos
etc.), deux messieurs nous proposent gentimment de nous déposer gratos à Comitan. Génial, on monte dans le coffre à ciel ouvert de la fameuse Nissan, ça y est, on s'y croit, Gaël Garcia Bernal devrait monter à la prochaine!!! et nous voilà transbahutés dans les virages, sous quelques gouttes, heureusement notre répertoire très fourni de chansons françaises a éloigné les nuages!!! Le comble de la gentillesse a été atteint quand,arrivés à Comitan, le monsieur a appelé son fils pour qu'il vienne nous chercher en voiture pour nous déposer au centre ville, ha ces mexicains, ils sont vraiment au top!


Une semaine dans la jungle lacandone - Lacanja Chansayab

Lundi 27, 9h30, texto de Stefano qui me propose de partir une heure plus tard pour la selva lacandona avec Miguel, l'autre assesseur mis en place par le secrétariat du tourisme pour aider les commuautés avec le processus de certification.

OK! et nous voilà partis pour Lacanja Chansayab, zone de jungle lacandone, habitée également par d'autres ethnies depuis une trentaine d'années.
Nous p
artons dans le fameux BOCHO, la coccinelle si célèbre! Le trajet dure longtemps car nous sommes surpris par une averse et son lot d'affaissement de terrains et de ralentissements en tous genres!
Nous arrivons de nuit, difficile de se rendre compte! Je me concentre donc sur les bruits, ce n'est pas difficile, ils sont nombreux. Déja le bruit de la pluie sur la tôle ondulée, puis le voisin qui ronfle, et enfin, les bruits de la jungle, oiseaux, insectes en tous genre. De bons matin (4h30-5h) les poules y vont bon train, suivies par les chiens, un vrai concert!
Ma douche est suivie de près par une bonne vingtaine de moustiques affamés! je pars à la découverte des lieux, et je suis assez surprise car ça ne correspond pas tout à fait à ce que j'imaginai en tant que bonne anthropologue pleine de préjugés!!! Je me voyais déja en pleine jungle, risquant de croiser un jaguar à chaque détour, et, surprenant, le plus moderne cotoie le traditionnel dans ce village lacandon.
Ce sont donc des maisons faites principalement en bois, les toîts de palmes coutant chers sont remplacés (désolée grand mère) par de la tôle ondulée, il y a peu de fenêtres. Les villages lacandons sont toujours construits près des rivières pour les facilités de la vie quotidienne.

Nous sommes acceuillis par Don Enrique pour tout ce qui est des repas. Il acceuille les touristes dans sa propre maison, dans une grande pièce centrale. Nous pouvons assister à la préparation des tortillas, la prochaine fois j'essaie. Il ne faut pas trop penser aux microbes, et la méthode coué marche, je ne suis pas malade!!!

J'ai craqué sur Kay
um ("petit tambour") que vous voyez sur la photo, en habit traditionnel lacandon. Les garçons portent cette tunique blanche, et les femmes soit une à fleurs, soit une jupe à fleurs plus une courte tunique blanche en haut. Je disais plus haut que ce qui m'a le plus surpris c'est ce contraste entre modernité et tradition. En plein milieu de cette jungle, un cyber café! Les enfants, qui, en sortant de l'école, aident leur grand frère à nettoyer avec la machette (aussi grande qu'eux) vont ensuite regarder des Walt Disney sur les ordis du cyber!
Les dessins que les enfants faisaient ne représentent que des fleurs, des animaux, la nature quoi! ça c'est chouette!
Les plus belles voitures (tunningées bien sûr) côtoient les ânes les plus fatigués, des machines à laver se cachent derrière des douches improvisées, et certains lacandons enlèven leurs jeans quand arrivent les touristes pour ré-endosser leur tunique. J'ai eu une
grande discussion avec Rodolfo qui fait ça, des relans d'anthropologue sûrement, la grande question de la présentation de soi à l'autre, ne doit-on pas justement casser ces préjugés archaïques et non fondés qu'a le touriste ou doit-on au contraire en jouer pour "se vendre"???? grande question, peut être sujet de mon prochain mémoire?!
Mardi, nous avons travaillé dans la ville de Nueva Palestina, peuplée par des Tzeltales, Tzoltziles et Choles, colons arrivés il y a une trentaine d'années. Ils n'ont pas du tout la même façon d'envisager la jungle, ils pensent à cout terme, et vont donc couper les arbres pour les vendre ou défricher pour pouvoir cultiver. J'ai vu des images satellites et c'est assez frappant de voir la différence entre les deux zones, celle de Nueva Palestina est vraiment déforestée.
Notre partenaire dans cette ville est Antonio, président de la coopérative Poza Po'op Chan, centre écotouristique proche d'une rivièr
e avec petite cascade. Le projet est intéressant car justement, il vise à protéger l'environnement en profitant de la présence des touristes pour faire de la "vigilance" dans la jungle et faire reculer les chasseurs, braconiers, bucherons, etc. Le deuxième aspect intéressant, c'est qu'ils se sont alliés avec des lacandons sur ce projet, deux cultures totalement opposées...
La ballade s'appelle "la main poilue" car il semblerait qu'une drôle de bête super poilue apparaisse dans cette cascade à certains moments de l'année... à vérifier!
Les enfants qui se baignent dans le lac refusent d'être pris en photos car leurs parents leur ont expliqué que ça risquait de leur prendre leur âme!!!

Le lendemain nous avons travaillé avec Ricardo et Rodolfo, deux lacandons ayant chacun un centre écotouristique. Ceux qui auraient prochainement l'intention de partir en lune de miel (non je ne pense pas à toi Annabelle!!!!), je ne saurai que vous conseiller ces endroits, au mois d'avril-mai, cabanes au bord de l'eau translucide. Celles de Rodolfo sont particulièrement exceptionnelle car, dans le respect total de la nature, il a construit autour de l'arbre, sans en couper un seul, en découpant plancher et toît pour faire passer tronc et branches à l'intérieur... c'est fantastique, on est à l'intérieur, à l'abris sous sa moustiquaire, mais dans les arbres et juste au dessus de l'eau...

Fortes impressions de cette première immersion.Je veux y retourner car nous avons pas mal travaillé et je ne me suis pas vraiment balladée dans la jungle et dans les divers sites archéologiques et naturels environnants. Je suis contente d'y être allée avec Miguel car il habite dans cette régio depuis 10 ans et est très bavard, donc c'est une véritable encyclopédie portative...! J'ai beaucoup appris, j'ai encore énormément à apprendre, mais c'était vraiment intéressant, et les projets m'intéressent de plus en plus, la question de la préservation culturelle devient centrale, et j'ai hâte d'avoir les outils pour creuser plus dans ce sens, je ne vais pas tarder à me replonger dans mes bouquins!